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La population française : au début de l'an 2000

Au 1er janvier 2001, la population de la France s'élève à 60,7 millions d'habitants : 59 millions vivent en métropole et 1,7 million dans un des quatre départements d'outre-mer. En 1950, la France métropolitaine était peuplée d'un peu moins de 42 millions d'habitants. En près d'un demi-siècle, la population s'est donc accrue de plus de 40 % (figure 1). Croissance lente si on la compare à celle de la population mondiale, qui est passée de 2,5 à 6 milliards d'habitants dans le même temps, soit une augmentation de 140 % ; mais croissance relativement forte comparée à celle des pays voisins depuis 1950, le gain de population de l'ensemble des pays qui constituent aujourd'hui l'Union européenne a été de 27 % environ.


Trois quarts de la croissance sont dus à l'excédent naturel
Une fécondité au-dessus de la moyenne européenne
L'espérance de vie continue d'augmenter
Une population de plus en plus âgée
La France continue d'accueillir nombre d'étrangers
Croissance du littoral ouest et des régions méditerranéennes
Extension urbaine, mais regain des villes-centres
Bibliographie



Trois quarts de la croissance sont dus à l'excédent naturel

Très forte au cours des années 1950-1975, époque du baby-boom et période de développement économique rapide, la croissance démographique s'est nettement ralentie depuis. Au cours de la décennie passée, la population s'est accrue de près de 250 000 personnes chaque année : de l'ordre de 200 000 par excédent des naissances sur les décès et de 50 000 par excédent dû aux migrations avec l'extérieur (figure 2). En 2000, l'excédent naturel avoisine 240 000 et représente les deux tiers de l'excédent naturel de l'ensemble de l'Union européenne, dont la croissance démographique doit surtout à l'excédent migratoire ; en 2000, il est estimé à 800 000 pour une augmentation de population de 1,16 million.



Une fécondité au-dessus de la moyenne européenne

En près de 30 ans, la fécondité, mesurée par l'indice synthétique de fécondité, a fortement chuté : de près de 3 enfants par femme en 1964, cet indice est descendu à 1,65 en 1994 (figure 3). Cette évolution n'est pas propre à la rance. Dans tous les pays développés d'Europe occidentale ou d'Amérique du Nord, le début des années soixante a été une période de forte fécondité. Vers 1970, dans la plupart de ces pays, à l'exception des pays méditerranéens, les femmes ont réduit leur fécondité, souvent plus fortement qu'en France. Au cours des années quatre-vingt, l'Italie, puis l'Espagne, le Portugal et la Grèce ont emboîté le pas. Dans ces pays, Espagne et Italie en particulier, la fécondité est aujourd'hui parmi les plus faibles au monde, avec moins de 1,2 enfant par femme.

Indice synthétique de fécondité dans quelques pays

Depuis le milieu des années quatre-vingt-dix, l'indice synthétique de fécondité est remonté à 1,89 en 2000, année où près de 780 000 bébés sont nés en France métropolitaine. La reprise s'observe dans certains pays de l'Union européenne ; elle y est moins marquée. En même temps que la fécondité baissait, les tailles des familles se sont resserrées autour de deux enfants. D'autre part, l'âge à la maternité s'est relevé : en 2000, il est en moyenne de 29,4 ans.


L'espérance de vie continue d'augmenter

Pour l'année 2000, l'espérance de vie des hommes est de 75,2 ans, celle des femmes de 82,7 ans. Au début du siècle, l'espérance de vie était voisine de 50 ans. Dans le dernier quart de siècle, le gain a été de 6 ans pour les hommes, de 5,6 ans pour les femmes, à un rythme voisin de trois mois chaque année. Avec 82,7 ans pour les femmes, la France arrive en tête des pays européens, alors qu'elle est en position moyenne pour les hommes. Même s'il a baissé depuis une dizaine d'années, l'écart entre les deux sexes reste plus important que dans de nombreux pays européens. La mortalité infantile est descendue à des niveaux très bas : moins de 5 décès avant un an pour mille naissances. Les gains récents d'espérance de vie sont surtout dus à la baisse de la mortalité aux âges adultes. La baisse de la mortalité s'est accompagnée d'une amélioration de la santé. L'espérance de vie sans incapacité, indicateur qui combine la mortalité et l'état de santé, mesuré par l'incapacité, s'est accrue au cours des années quatre-vingt (1). Pour les hommes, la durée passée en incapacité a même diminué.


Une population de plus en plus âgée

Au 1er janvier 2001, un peu plus d'une personne sur quatre a moins de 20 ans, et près de 16 % ont 65 ans ou plus (figure 4). Dix ans plus tôt, la proportion des plus de 65 ans n'était que de 14 %. L'augmentation illustre le vieillissement de la population, compris comme l'augmentation de la proportion des personnes âgées (figure 5). Le mouvement est déjà ancien, mais il a été caché par l'arrivée dans ce groupe d'âges des classes creuses nées en 1915-1919. La proportion des personnes de 85 ans et plus s'est accrue encore plus rapidement, passant de 0,9 % en 1975 (moins de 500 000 personnes) à plus de 2 % au début 2001 (près de 1,2 million). Aujourd'hui, la baisse de la mortalité aux âges élevés joue un rôle majeur dans le vieillissement : non seulement, dans une génération, la proportion des personnes atteignant 60 ans augmente, mais ces personnes vivent plus longtemps au-delà de cet âge.

Répartition de la population totale par sexe et âge au 1er janvier 2001



La France continue d'accueillir nombre d'étrangers

Après la Seconde Guerre mondiale, la forte croissance économique des Trente Glorieuses s'est appuyée sur un recours à la main-d'oeuvre immigrée. Lorsque la crise est survenue, en 1974, l'immigration de travailleurs a été interrompue, mais de nombreuses familles ont rejoint des travailleurs arrivés auparavant. Dans les dernières années, malgré une politique restrictive, les arrivées en provenance de l'étranger n'ont donc pas totalement cessé. Au total, au cours de la décennie écoulée, l'immigration aurait contribué, par son apport direct, à un accroissement de la population de près de 500 000 personnes. En 1999, lors du recensement, la France comptait 3,26 millions d'étrangers et 4,3 millions d'immigrés(2) , une part d'entre eux ayant acquis la nationalité française. De 1990 à 1999, le nombre d'immigrés a augmenté de 3 %, c'est-à- dire dans les mêmes proportions que l'ensemble de la population. Du fait des naturalisations, le nombre d'étrangers de plus de 18 ans(3) est resté pratiquement stable. Plus que le nombre, c est la composition de cette population qui s'est modifiée. L'immigration des années cinquante, soixante ou soixante-dix était, pour une bonne part, composée d'Italiens, d'Espagnols, de Portugais et de ressortissants des pays d'Afrique du Nord. En 1999, trois groupes comptent environ 500 000 ressortissants : les Portugais, les Algériens et les Marocains. Viennent ensuite les Turcs, les Italiens, les Espagnols et les Tunisiens, ainsi que l'ensemble des pays d'Afrique noire. En termes d'immigrés, l'Italie et l'Espagne sont davantage représentées, mais une grande partie d'entre eux ont acquis la nationalité française. Dans les années quatre-vingt-dix, l'apport en provenance des pays de l'Union européenne s'est réduit, même si, avec l'ouverture des frontières, nombre de ressortissants des pays de l'Union viennent en France passer quelques années. Ce sont en majorité des originaires des pays d'Afrique noire, de Turquie ou de pays d'Asie qui sont arrivés en France, souvent dans le cadre d'une demande d'asile ou d'un regroupement familial.


Croissance du littoral ouest et des régions méditerranéennes

Avec un peu plus de 100 habitants par km2, la France métropolitaine se distingue des pays qui l'entourent par son faible peuplement. À l'exception de l'Espagne, tous ces pays, depuis la Grande-Bretagne au nord-ouest jusqu'à l'Italie au sud-est, offrent des densités de population bien supérieures, entre 200 et 400 hab/km2. À elle seule, l'Île-de-France rassemble près de 11 millions d'habitants sur un territoire de 12 000 km2 , soit près de 19 % de la population et une densité supérieure à 900 habitants. À l'opposé, dans six régions, la densité est inférieure à 60 hab/km2. Les régions de faible densité s'étendent le long d'une ligne qui va de la région Midi-Pyrénées, près de la frontière espagnole, à la région Champagne-Ardenne, incluant l'ensemble du Massif central. Le peuplement est plus dense en Île-de-France bien sûr, mais aussi dans l'ouest de la Bretagne et des Pays de la Loire - le long de la frontière continentale au nord et à l'est et dans le sud-est. Entre 1990 et 1999, les tendances des décennies passées se maintiennent à peu près. Bien que ralentie, la croissance reste la plus forte dans les régions méridionales. Cependant, les Pays de la Loire bénéficient d'une augmentation sensible. De manière générale, il en va de même des zones littorales des façades atlantique et méditerranéenne, le sud-ouest connaissant un regain de faveur. À l'opposé, les régions du nord-est, ainsi que le Limousin et l'Auvergne, enregistrent une stagnation ou même une baisse de leur population.


Extension urbaine, mais regain des villes-centres

En 1999, dix agglomérations urbaines comptent plus de 500 000 habitants (figure 6). L'agglomération parisienne rassemble un peu moins de 10 millions d'habitants. trois autres villes sont millionnaires : l'ensemble Marseille-Aix-en-Provence, Lyon et Lille.

Au cours du demi-siècle passé, l'urbanisation a connu plusieurs phases. Au cours des années cinquante et soixante, l'afflux profite surtout aux villes-centres et, dans le cas de Paris, aux communes de la proche banlieue : c'est l'époque des grands ensembles. Au cours des années soixante-dix et au début des années quatre-vingt, les agglomérations continuent de se développer, mais par l'extension des banlieues et la croissance des communes périurbaines. De nombreuses villes-centres perdent des habitants. Au cours des années quatre-vingt-dix, les espaces à dominante urbaine continuent de se développer : les zones situées en périphérie des villes bénéficient d'une croissance, parfois nette, accueillant des populations qui, chaque jour, se rendent dans la ville voisine pour travailler. D'autres espaces ruraux, plus éloignés des centres urbains, continuent de perdre de la population. Dans son ensemble, l'espace rural ne se dépeuple plus. Dans le même temps, les villes-centres retrouvent souvent le chemin de la croissance, suivant une tendance qui se manifestait parfois dans la décennie précédente : opérations de réhabilitation, reconquête de la ville, nouveaux transports en commun redonnent à certains la possibilité et le goût de vivre au centre-ville.



Bibliographie

J.-C. Fanouillet et C. Madinier
Recensement de la population
de 1999 - La population des régions (métropole)
INSEE Première n° 664 - Juillet 2000

J. Boëldieu et C. Borrel
Recensement de la population 1999
La proportion d'immigrés est stable depuis 25 ans
INSEE Première n° 748 - Novembre 2000
J.-M. Robine, P. Mormiche, C. Sermet
Vie et santé s'allongent : un effet conjoint de meilleures
conditions d'existence et de progrès médicaux ?
INSEE. Données sociales 1996, pp. 283-291

L. Doisneau
Bilan démographique 2000 -
INSEE Première n° 157 - Février 2001

 

 

 

Paru sur le site du Premier Ministre
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