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La lutte contre les exclusions
La
crise économique qui a sévi en France comme dans tous
les pays industrialisés depuis les années 70 a fait apparaître
les situations de pauvreté, de précarité et d'exclusion
qui ont touché un nombre croissant de personnes surtout durant
les années 90. La perte d'un emploi, suivie d'un chômage
de longue durée, peut ainsi entraîner l'incapacité
à payer un loyer devenu trop lourd et donc à terme la
perte du logement ; l'accumulation des difficultés et le manque
de perspectives ont amené des personnes qui étaient normalement
insérées à perdre en quelques années, voire
en quelques mois, la plupart de leurs repères et à se
retrouver dans une situation de dénuement matériel et
moral qui les met à part, les fait se sentir différentes
et rejetées par le reste de la société. Face à
ces problèmes, l'idée a fait son chemin qu'il ne suffisait
pas d'apporter des secours, mais qu'il fallait mener une véritable
lutte contre l'exclusion car celle-ci porte atteinte à la cohésion
sociale et au "pacte républicain" qui garantit que
dans une démocratie tous les citoyens doivent avoir accès
aux mêmes droits fondamentaux. C'est pourquoi il convient d'agir
pour rendre à chacun le sentiment d'être membre à
part entière de la communauté nationale.
Cette démarche, longtemps portée par les associations
travaillant depuis des années sur le terrain avec les plus démunis,
a abouti au vote, le 28 juillet 1998, d'une loi dite "loi d'orientation
relative à la lutte contre les exclusions", qui affirme
dès son article 1er : "La lutte contre les exclusions est
un impératif national fondé sur le respect de l'égale
dignité de tous les êtres humains et une priorité
de l'ensemble des politiques publiques de la nation".
Cette loi est le cadre de la lutte contre les exclusions en France,
avec d'autres textes comme, par exemple, la loi du 27 juillet 1999 instaurant
la couverture maladie universelle. Les mesures mises en oeuvre recouvrent
de multiples domaines.
L'accès à l'emploi
Le droit à la santé pour tous
Le droit au logement
Garantir un minimum de ressources disponibles
Favoriser l'accès à la culture, à
l'éducation, aux loisirs
Faire face à l'urgence sociale
L'accès à l'emploi
Combattre le chômage de longue durée : un des principaux
facteurs d'exclusion est le chômage de longue durée, qui
rend de plus en plus difficile un retour à l'emploi car il "désocialise"
ceux qui en sont victimes. Le programme "nouveau départ"
de l'ANPE (Agence nationale pour l'emploi) a été mis en
place pour accompagner vers l'emploi, tout au long d'un parcours individualisé,
des personnes qui en étaient durablement éloignées.
Il concerne, notamment, des jeunes de moins de 25 ans au chômage
depuis plus de 12 mois, des adultes inscrits depuis plus de 24 mois
et des personnes n'ayant pour vivre que les minima sociaux. Différentes
aides sont proposées :
- appui à la recherche d'emploi, avec des prestations d'orientation
et d'aide à la recherche ;
- prestation d'accompagnement personnalisé vers l'emploi, menée
par un seul et même conseiller pendant une durée de 3 mois
renouvelable avec au moins 2 entretiens par mois ;
- accès à la formation, avec, au besoin, un appui personnalisé
à la définition d'un projet de formation ;
- accompagnement personnalisé intégrant un appui social,
pour les personnes les plus en difficulté, pour lesquelles les
problèmes sociaux, familiaux et de santé compliquent encore
le retour à l'emploi.
En 2 ans, 1 400 000 personnes ont bénéficié du
programme "nouveau départ", dont 54 % au titre de la
lutte contre les exclusions. En un an, de septembre 1999 à septembre
2000, le chômage de longue durée a reculé de 23,1
%.
· Le programme TRACE : ce programme (trajet d'accès à
l'emploi) doit permettre à 100 000 jeunes en difficulté
de 16 à 25 ans de bénéficier d'un accompagnement
global et personnalisé vers l'emploi sur une période pouvant
atteindre 18 mois.Trace nécessite la mobilisation de l'ensemble
des acteurs locaux susceptibles de contribuer à l'insertion des
jeunes en difficulté : Agence pour l'emploi ; travailleurs sociaux
; associations. Un de ces organismes est désigné pour
organiser l'entrée des jeunes dans le dispositif et coordonner
les interventions des différents opérateurs. Le parcours
de chaque jeune est établi et suivi par un "référent"
unique. Le jeune est rémunéré pendant les périodes
d'activité salariée et de formation. Il peut bénéficier
d'aides d'urgence s'il connaît des difficultés matérielles
particulières. Fin juin 2000, 65 000 jeunes ont déjà
bénéficié de ce programme. Au bout de 15 mois,
4 600 jeunes ont achevé leur parcours : 4 000 ont un emploi.
80 % des jeunes encore présents dans le dispositif sont en emploi
ou en formation.
· L'insertion par l'activité économique : ce secteur
regroupe des structures commercialisant des biens et des services, comme
les entreprises d'insertion, et des organismes développant des
activités d'utilité sociale, comme les chantiers écoles,
ainsi que des organismes mixtes c'est-à-dire relevant à
la fois de ces 2 catégories. Toutes ces structures ont pour but
de permettre à des personnes rencontrant des difficultés
sociales et professionnelles particulières, souvent très
désocialisées et peu qualifiées, de revenir dans
le monde du travail dans des conditions adaptées, c'est-à-dire
avec des modalités spécifiques d'accueil et d'accompagnement.
Ces organismes concluent avec l'État des conventions afin de
bénéficier d'aides, d'exonération de charges sociales
ou de contrats aidés. Si des structures de ce type existaient
déjà avant le vote de la loi, celle-ci a favorisé
leur développement, puisqu'en 2 ans le nombre d'entreprises d'insertion
(EI) a augmenté d'environ 30 % et le nombre d'entreprises temporaires
d'insertion (ETTI) de 78 %. Le nombre de postes d'insertion proposés
a augmenté de 20 % en 1999 et devrait avoir augmenté de
24 % sur l'ensemble de l'année 2000.
· Les contrats aidés : différents dispositifs permettent
l'embauche de personnes en grande difficulté dans le cadre de
contrats de travail pour lesquels l'employeur reçoit une aide
importante de l'État. Ainsi les contrats emploi solidarité
(CES), réservés aux chômeurs de longue durée
ou âgés de plus de 50 ans et aux personnes connaissant
des difficultés particulières d'insertion. L'État
conclut des conventions avec des collectivités territoriales
ou d'autres organismes publics, ainsi qu'avec des organismes de droit
privé sans but lucratif (associations par exemple). Ces organismes
peuvent alors signer des CES pour des emplois contribuant au développement
d'activités répondant à des besoins collectifs
non satisfaits. Les contrats emploi consolidés (CEC) sont des
contrats pris en charge par l'État pendant 5 ans à 80
%. Ce dispositif permet aux personnes connaissant les situations les
plus difficiles de bénéficier d'une stabilité suffisante
pour construire un projet professionnel, aidées en cela par des
actions d'orientation et de formation prévues par la convention
signée entre l'employeur et l'État. Fin juin 2000, un
peu plus de 6 000 personnes bénéficiaient d'un CEC.
· Le cumul entre revenus d'activité et minima sociaux
: l'objectif de cette mesure est d'éviter les situations où
une personne pouvait avoir intérêt financièrement
à rester au chômage plutôt que de reprendre une activité.
Le cumul garantit un certain niveau de ressources, notamment pour aider
à faire face aux frais induits par la reprise d'activité
: transport, garde des enfants... Il est possible en totalité
pendant 3 mois pour certaines allocations. Pendant les 9 mois suivants,
le cumul est de 50 % : la moitié du revenu procuré par
l'activité est déduite de l'allocation versée.
Le droit à la santé pour tous
La couverture maladie universelle. (CMU) : la création par la
loi du 27 juillet 1999 de la CMU est une arme majeure de lutte contre
l'exclusion. L'inégalité dans l'accès aux soins
avait en effet été mise en lumière par différentes
enquêtes : ainsi, en 1998, une personne sur 7, et 30 % des chômeurs
avaient dû renoncer à se soigner faute de pouvoir assumer
les frais restant à leur charge. La CMU, entrée en vigueur
le 1er janvier 2000, doit assurer un réel accès aux soins
pour tous. Elle comporte 2 aspects :
- une affiliation au régime de base de la Sécurité
sociale pour tout résident en situation stable et régulière,
qui ne dispose pas de droits ouverts par ailleurs à l'assurance
maladie. Par "situation stable" on entend que la personne
réside en France depuis plus de 3 mois de manière ininterrompue.
Les personnes sans domicile fixe ou en habitat très précaire
peuvent se faire domicilier par un centre communal d'action sociale
ou une association agréée ;
- une couverture complémentaire gratuite, qui couvre les frais
médicaux non remboursés par l'assurance maladie. Les bénéficiaires
n'ont donc plus rien à payer pour les consultations et les actes
médicaux. Ils ont également droit au tiers payant, c'est-à-dire
qu'ils n'ont pas à avancer les frais liés aux soins. Les
bénéficiaires peuvent choisir, pour la gestion de leur
CMU complémentaire, soit leur caisse primaire d'assurance maladie,
soit un organisme agréé (mutuelle, compagnie d'assurances...).
Le bénéfice de la complémentaire est soumis à
des conditions de ressources (3 500 F par mois pour une personne seule).
On estime à 6 millions le nombre de bénéficiaires
potentiels de la CMU. À la fin juin 2000, soit après 6
mois de mise en oeuvre, 4,2 millions de personnes en bénéficiaient,
soit près de 70 % de la population concernée. Le succès
de cette mesure montre à quel point elle répondait à
un besoin et à une attente. Outre la possibilité de se
soigner correctement en cas de maladie, elle permet notamment de procéder
à des soins dentaires ou à la prescription de lunettes
auxquelles les personnes renonçaient auparavant, alors que présenter
une bouche édentée constitue un facteur de stigmatisation
sociale.
· Les permanences d'accès aux soins de santé (PASS)
: la loi a prévu la mise en place de programmes régionaux
pour l'accès à la prévention et aux soins (PRAPS).
Un PRAPS est établi à partir d'une analyse préalable,
dans chaque département, de l'accès aux soins pour les
plus démunis. Il comporte des actions coordonnées de prévention
et d'éducation à la santé, il précise les
conditions dans lesquelles les différents services et institutions
concernés concourent à ces actions, il définit
des actions pour lutter contre les pathologies aggravées par
la précarité et l'exclusion. Dans le cadre de ces programmes,
les PASS sont des cellules de prise en charge médico-sociale
destinées à faciliter l'accès des plus défavorisés
au système hospitalier. Chaque PASS doit comporter : un système
d'accueil et de repérage des situations de détresse ;
des consultations médicales ; des consultations sociales ; la
délivrance d'une fiche de circulation permettant la mise à
disposition du plateau technique et la délivrance de médicaments.
Elle est dirigée par un comité de pilotage intégrant
médecins, pharmaciens, administrateurs, cadres infirmiers et
services sociaux ; ce comité est ouvert aux associations et services
sociaux partenaires. Au 30 avril 2000, 183 permanences avaient constitué
leur comité de pilotage, 138 ont mis au point les protocoles
de circulation, d'accueil et de suivi médical social et administratif.
Le droit au logement
Le
logement est un facteur essentiel d'insertion. Obtenir un logement décent,
avec un loyer adapté aux ressources de la famille, est le rêve
des plus démunis. Mais conserver son logement est également
essentiel, car être expulsé, se retrouver à la rue,
signifie souvent basculer dans la grande misère, franchir un
cap peut-être irréversible vers l'exclusion. C'est pourquoi
la lutte contre l'exclusion comporte tout un éventail de mesures
pour à la fois améliorer l'accès au logement et
prévenir les expulsions :
· Les plans départementaux d'accès au logement
: ils sont destinés à impulser et coordonner l'action
des différents services et organismes concernés. Ces plans
sont d'une durée minimale de 3 ans. Un comité responsable
du plan est coprésidé par le préfet (représentant
l'État dans le département) et le président du
conseil général (l'assemblée des élus départementaux).
Il doit notamment évaluer les effets du plan afin de procéder
en permanence aux adaptations nécessaires. Le plan définit
les critères d'accès aux FSL :
- les fonds de solidarité logement (FSL) ont pour but d'aider
les personnes défavorisées à se maintenir dans
le logement en cas de loyers impayés ou à accéder
à un nouveau logement. Ils attribuent des prêts, des subventions,
des garanties et assurent le financement de mesures d'accompagnement
social. Au 30 juin 2000 les FSL avaient aidé 1 500 000 ménages.
· Améliorer l'attribution de logements sociaux : plusieurs
dispositifs y contribuent :
- les accords collectifs départementaux : dans chaque département,
le préfet conclut avec les bailleurs sociaux un accord collectif
triennal qui définit le nombre de logements que ceux-ci s'engagent
à attribuer chaque année et un délai d'attente
au-delà duquel les demandes font l'objet d'un examen prioritaire
;
- les conférences intercommunales du logement : regroupant les
communes du département comprenant des zones urbaines sensibles
ou un grand nombre de logements sociaux, elles formulent un avis sur
le projet d'accord collectif départemental et élaborent
une charte intercommunale pour décliner le plan par commune et
par bailleur ;
- l'enregistrement départemental unique : toute demande d'attribution
d'un logement social doit désormais être enregistrée
et donner lieu à l'attribution d'un numéro. L'obligation
d'enregistrer toutes les demandes et l'impossibilité d'attribuer
un logement sans délivrance d'un numéro permettent d'améliorer
la transparence des attributions et l'égalité des chances
entre les demandeurs. Elles permettent également de mesurer les
délais d'attente des demandeurs et de mieux quantifier et qualifier
les demandes de logements.
· La lutte contre les expulsions : une logique de prévention
doit permettre d'intervenir bien avant d'en arriver au stade dramatique
et raumatisant de l'expulsion. S'il s'agit d'un logement social, dès
les premiers incidents de paiement de loyer, avant le déclenchement
d'une procédure contentieuse, le bailleur doit saisir la section
départementale des aides publiques au logement, ou la caisse
d'allocations familiales, afin que soient recherchées des modalités
de règlement de la dette locative. Ce n'est que 3 mois après
la saisine de l'organisme compétent que le bailleur peut saisir
le juge (assignation). Que le logement relève d'un bailleur social
ou privé, le juge ne peut statuer avant un délai de 2
mois après l'assignation. L'huissier chargé d'informer
le locataire de son assignation en justice est tenu dans le même
temps d'avertir le préfet, qui va diligenter une enquête
sociale pour rechercher des solutions avec les organismes compétents.
Des chartes de prévention des expulsions doivent également
être mises en place dans tous les départements. Par ailleurs,
la loi stipule que "toute personne ou famille éprouvant
des difficultés particulières du fait d'une situation
de précarité a droit à une aide de la collectivité
pour accéder ou pour préserver son accès à
une fourniture d'eau, d'énergie et de services téléphoniques".
À cet effet, des conventions sont passées au niveau national
entre l'État, Électricité de France, Gaz de France
et les distributeurs d'eau, définissant le montant et les modalités
de leurs concours respectifs. Dans chaque département des conventions
sont passées entre les représentants locaux des distributeurs
d'eau et d'énergie et les collectivités territoriales
ou, le cas échéant, des organismes sociaux pour déterminer
les conditions d'application des conventions nationales.
Garantir un minimum de ressources disponibles
Améliorer les procédures de traitement du surendettement
: la loi a voulu améliorer le traitement de situations de détresse
des ménages qui se trouvent surendettés à la suite,
notamment, d'une baisse de ressources due au chômage, de problèmes
de santé, du décès d'un conjoint, autant d'événements
qui ont entraîné ce qu'on appelle un surendettement passif,
par opposition au surendettement actif qui résulte, lui, d'un
recours excessif au crédit.
- la composition des commissions de surendettement a été
renforcée pour pouvoir intégrer tous les aspects de la
situation financière du débiteur. La présence du
représentant du directeur départemental des services fiscaux
permet ainsi un traitement coordonné des dettes envers l'État
et les organismes publics ;
- le débiteur peut être entendu par la commission pour
exposer personnellement sa situation, mieux que par un dossier administratif.
Une procédure d'établissement du passif permet au débiteur
qui conteste certaines créances d'obtenir vérification
de celles-ci ;
- le remboursement des dettes peut être étalé sur
8 ans. Pour les ménages les plus fragilisés économiquement,
un moratoire qui peut aller jusqu'à 3 ans est possible. À
l'issue du moratoire, la commission peut annuler dans les cas les plus
difficiles tout ou partie des dettes ;
- le plan de redressement mis en place doit obligatoirement laisser
à la personne et à sa famille un revenu lui permettant
de faire face aux dépenses de la vie quotidienne. Les ressources
laissées à une personne isolée ne peuvent être
inférieures au RMI (soit environ 2 552 F pour une personne seule).
· Le droit à un compte bancaire : la loi stipule que toute
personne a droit à l'ouverture d'un compte dans une banque. Les
personnes qui font l'objet d'un refus d'ouverture de compte peuvent
donc saisir la Banque de France qui leur en désignera une. Près
de 6 000 personnes ont eu recours à cette procédure en
1999.
Favoriser l'accès à la culture, à l'éducation,
aux loisirs
"
La lutte contre l'illettrisme : l'illettrisme c'est-à-dire l'incapacité
de déchiffrer un texte simple de la vie courante est un handicap
majeur, qui pénalise aussi bien dans la vie professionnelle que
dans les rapports sociaux les plus ordinaires. Les tests de lecture
effectués lors des Journées d'appel de préparation
à la défense montrent que 5 % des jeunes en moyenne rencontrent
de très grandes difficultés de déchiffrage d'un
texte. C'est pourquoi la loi stipule que "la lutte contre l'illettrisme
constitue une priorité nationale. Tous les services publics contribuent
de manière coordonnée à la lutte contre l'illettrisme
dans leurs domaines d'action respectifs". Il a été
décidé de créer un groupement d'intérêt
public qui sera chargé d'animer, de coordonner et d'évaluer
la politique de lutte contre l'illettrisme. Le choix de ce statut s'explique
par la nécessité d'associer au sein d'une même structure
des organismes de droit public et de droit privé : ministères,
organismes sous tutelle de l'État, régions, branches pro-fessionnelles...
· Favoriser la scolarité des enfants : l'Éducation
nationale a mis en place des dispositifs pour éviter que des
jeunes se retrouvent précocement dans un processus d'exclusion
scolaire et sociale ; ainsi les classes relais, et les internats relais
permettent le maintien ou la réintégration dans le système
scolaire de jeunes adolescents en échec scolaire et dont le comportement
montre qu'ils sont entrés dans un processus de désocialisation.
Par ailleurs, les bourses de collège ont été réintroduites
depuis la rentrée 1998, à destination des familles les
plus démunies.
Les bourses au mérite, créées à la rentrée
2000, doivent permettre à 10 000 élèves boursiers
de collège et ayant eu de bons résultats au brevet des
collèges, de poursuivre, dans de bonnes conditions, leur scolarité
jusqu'au baccalauréat. Il s'agit d'un complément aux bourses
de lycée pour offrir à ces élèves les moyens
d'une ouverture culturelle, sociale et professionnelle dont les élèves
issus de familles plus aisées bénéficient déjà
de par leur environnement.
· L'accès aux loisirs et au sport : il s'agit d'un volet
important car selon le témoignage des familles démunies
elles-mêmes, le fait de ne jamais partir en vacances, de ne pouvoir
offrir à leurs enfants la pratique de leur sport favori les "marque"
socialement, leur fait sentir qu'ils sont différents des autres
et exclus d'une part importante de la vie sociale. C'est pourquoi, parmi
les initiatives développées, on peut citer :
- la bourse solidarité vacances : c'est un groupement d'intérêt
public créé par le secrétariat d'État au
Tourisme et regroupant des entreprises privées du tourisme, des
associations de tourisme social, des comités d'entreprise, etc.
Le principe est de mettre à disposition, à un coût
très réduit, une offre de séjour de vacances à
des associations caritatives ou des centres communaux d'action sociale
en contact avec les plus démunis, qui vont pouvoir faire partir
en vacances des familles en difficulté sociale. Le coût
du séjour est de 250 à 700 F la semaine par personne.
En 2000, 10 000 personnes ont ainsi pu partir en vacances, souvent pour
la 1re fois. Des tarifs spécifiques ont été mis
en place par la SNCF et par Air France ;
- le coupon sport permet aux enfants des familles à faibles ressources
de bénéficier d'une réduction du coût d'adhésion
aux associations sportives agréées. En 1999, 130 000 familles
ont été concernées, et 200 000 en 2000. Près
de la moitié des bénéficiaires ont entre 10 et
13 ans. Le ticket sport est, quant à lui, destiné à
permettre la pratique sportive pendant les vacances aux jeunes qui ne
partent pas.
Faire face à l'urgence sociale
Les
mesures de prévention ne doivent pas faire oublier les situations
extrêmes de personnes à la rue et sans ressources. Pour
traiter ces cas d'urgence sociale, plusieurs mesures existent :
· Un dispositif de veille sociale départementale :
chaque département doit en adopter un, fonctionnant en permanence,
pour informer et orienter les personnes en situation de détresse.
Dans tous les départements fonctionne déjà le service
téléphonique "115" pour l'accueil des sans-abri.
La gestion du 115 peut être intégrée à un
service spécifique d'accueil, qui joue un rôle de coordination
entre tous les intervenants et est à même d'apprécier
au plus près la réalité des besoins. Plus généralement,
sont élaborés des schémas de l'accueil, de l'hébergement
et de l'insertion. Dans ces schémas départementaux, les
CHRS, centres d'hébergement et de réinsertion sociale,
jouent un rôle clé. Ces établissements n'assurent
pas tous l'hébergement des personnes mais peuvent remplir des
missions d'accueil et d'insertion. Depuis 1997, 1 690 places nouvelles
ont été créées, ce qui a permis la création
de 19 services d'accueil et d'orientation. 92 de ces centres se sont
mis en mesure d'accueillir des familles et non plus seulement des personnes
isolées.
Les commissions de l'action sociale d'urgence (CASU) : elles ont été
installées dans tous les départements au début
de l'année 1999. Elles ont pour objectifs de permettre à
la personne qui vient demander de l'aide de s'adresser à l'interlocuteur
de son choix et de lui exposer l'ensemble de ses problèmes sans
être contraint à de multiples démarches, de garantir
au demandeur une réponse d'ensemble dans des délais courts,
de remédier aux situations d'urgence avec efficacité dans
le respect de la dignité des personnes. Une charte départementale
à laquelle ont adhéré la plupart des partenaires
concernés a été élaborée dans la
plupart des départements. Ces chartes établissent les
modalités et les règles de la coordination entre les différents
organismes participants.
Paru
sur le site du Premier Ministre
Droits réservés
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