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La politique française de dissuasion

 

La France est l'une des cinq puissances nucléaires mondiales. C'est un élément essentiel de sa sécurité, et ce n'est pas incompatible avec une politique active en faveur du désarmement.
On a qualifié de consensus l'attitude des grandes formations politiques françaises à l'égard de la dissuasion, indiquant ainsi un accord général sur la politique nucléaire. Ce consensus – qui n'est pas unanimisme – se décline aujourd'hui autour de quatre axes :
- maintien d'une politique de dissuasion ;
- refus de la bataille nucléaire ;
- nécessité de créer une articulation entre la force nucléaire française et la défense européenne ;
- établissement d'un lien entre dissuasion et désarmement nucléaire.
L'opinion publique française adhère à ce consensus. L'adhésion des Français à la doctrine de dissuasion reste forte. À la question "pensez-vous que l'évolution de la situation internationale justifie l'abandon de notre force de dissuasion nucléaire ou rend nécessaire le maintien de notre force de dissuasion ?", 22 % optent pour l'abandon, 58 % pour le maintien, 20 % étant sans opinion (Sondage SOFRES, janvier 2000.)."
Il y a donc un refus des théories du "monde post nucléaire".
Pour les responsables français, la fin de la guerre froide ne signifie pas que la dissuasion n'a plus lieu d'être : si l'évolution du contexte stratégique permet une réduction du nombre des armes et du niveau d'alerte des forces, la dissuasion nucléaire reste au cœur de la défense française. La France maintient donc son effort dans le domaine nucléaire, mais adapte le niveau de son arsenal et sa posture.


Une force nucléaire adapée aux moyens de la France
La doctrine française
Défense européenne et dissuasion
La recherche d'une politique concertée
Désarmement et dissuasion
La fin des essais nucléaires
Une arme politique



Une force nucléaire adaptée aux moyens de la France

Si la France s'est dotée d'une force nucléaire, elle n'a pas les moyens de suivre la course aux armements nucléaires lancée par les Américains et les Soviétiques. Cela ne pose pas pour autant un problème insurmontable pour sa sécurité, car ce qui compte, c'est de pouvoir imposer à l'adversaire éventuel des dommages proportionnels à l'enjeu que représente la France, et ainsi de le dissuader de se livrer à une agression contre elle. Ces conditions remplies (et pour cela il faut des forces suffisantes et non surabondantes), le faible (la France) a pu dissuader le fort (l'URSS) de le menacer militairement. Pour que cette stratégie puisse devenir opératoire, il faut – outre la volonté politique de faire jouer la dissuasion, qui ne se quantifie pas – remplir deux conditions :
- posséder des armes nucléaires capables d'échapper à la destruction des missiles adverses ;
- posséder des armes nucléaires capables à tout moment de franchir les éventuelles défenses de l'adversaire.
Il faut donc disposer d'un nombre d'armes suffisant pour exercer en permanence une menace inacceptable sur le territoire de l'agresseur éventuel. Le niveau acceptable de la menace doit tenir compte d'une éventuelle vulnérabilité des lanceurs à des frappes adverses (il ne faut pas que nos armes puissent être détruites lors d'une attaque, car notre menace de riposte serait décrédibilisée) et d'une éventuelle vulnérabilité aux défenses adverses (il ne faut pas que les missiles que nous envoyons puissent être interceptés avant d'atteindre leur cible).
Il faut reconnaître que le concept français de dissuasion fut plus dicté par la faiblesse relative des ressources de la France, qui l'empêchait, même si elle l'avait voulu, de suivre le rythme de la course aux armements lancée par les Soviétiques et les Américains, que par un choix conscient et réfléchi. La doctrine du faible au fort est une construction intellectuelle faite à partir d'un arsenal. L'idée s'est adaptée aux moyens, ce ne sont pas au départ les moyens qui ont été prévus en fonction d'un concept préétabli. Mais cette théorie est remarquable puisqu'elle est parfaitement et purement défensive (personne ne peut songer à attaquer le sanctuaire du territoire français), sans pouvoir être considérée comme agressive (personne n'a à craindre d'être attaqué en premier par la France).


La doctrine française

Le second point faisant consensus aujourd'hui est le concept de dissuasion. La France a adopté une doctrine excluant le recours aux armes nucléaires dans la bataille.Le but des armes nucléaires n'est pas de gagner les guerres, mais de les éviter.
Derrière ce principe simple, se cache une réalité beaucoup plus complexe. Les armes nucléaires ont toujours été perçues avec ambivalence. Aux États-Unis, on a de fait appliqué aux armes nucléaires des schémas conceptuels antérieurs à leur apparition. En France, la tentation de nier le rôle politique des armes nucléaires pour les cantonner à une fonction militaire a également toujours existé. Cette tentation a d'abord été mise en oeuvre à propos des armes nucléaires de courte portée. Ces armes sont qualifiées de tactiques aux États-Unis. Elles ont été à dessein baptisées pré-stratégiques en France justement pour valoriser leur couplage avec les armes nucléaires stratégiques plutôt qu'avec les armes conventionnelles.
Pour redonner une fonction purement militaire aux armes nucléaires après la chute du mur de Berlin et la guerre du Golfe, le choix des armes nucléaires tactiques a été abandonné au profit des armes miniaturisées per-mettant d'opérer "des frappes chirur-gicales" : il s'agissait de rechercher des frappes aux effets limités de façon précise à la cible choisie face à l'impossibilité de dissuader des pays du Sud avec le même type de menaces (frappes massives sur les villes) que celles utilisées pour l'Union soviétique. L'avantage était de mettre au point des armes nucléaires aux effets moins destructeurs et de rendre plus facile l'utilisation de ces armes nucléaires. Avec un inconvénient exactement symétrique : les armes nucléaires quitteraient la sphère de la dissuasion pour entrer dans celle du combat, ce que la France a réussi à éviter jusqu'ici. La nécessité d'avoir des armes précises permettant de faire des frappes chirurgicales doit être réservée aux seules armes classiques. Seul le nucléaire peut réellement dissuader mais le nucléaire ne doit que dissuader.


Défense européenne et dissuasion

Troisième point du consensus, la création d'un lien entre la défense européenne et la dissuasion française. Le général de Gaulle avait déjà évoqué le rôle européen de la force stratégique française, substitut éventuel à un parapluie américain rétréci, lorsque l'Europe serait devenue une entité politique. Mais de Gaulle traçait, comme souvent, une perspective pour le très long terme sans se soucier des propositions concrètes et plus immédiates.
On peut distinguer sur ce sujet deux périodes très nettement différentes dans la politique française. Avant 1992, la mise à disposition des armes nucléaires françaises en faveur de la défense européenne sous quelque forme que ce soit a été catégoriquement refusée par tous les responsables français. Lorsqu'une proposition en ce sens était avancée, elle était immédiatement rejetée comme étant contraire tant aux réalités stratégiques qu'aux intérêts de la France. Ainsi le Livre blanc sur la défense nationale de 1972, tout en rejetant la riposte graduée, affirme que l'Europe ne saurait bénéficier automatiquement de la dissuasion américaine. Les auteurs du document estiment par ailleurs que c'est dans l'ordre naturel des choses "car la dissuasion nucléaire est exclusivement nationale. Présentement, le risque nucléaire ne se partage pas".
La logique voulait donc qu'on n'offrît pas aux Européens une dissuasion nucléaire française élargie, puisque Paris jugeait non crédible la garantie américaine qui s'appuyait pourtant sur un arsenal beaucoup plus conséquent. Concession minime en direction des Européens, le Livre blanc précisait que, "si la dissuasion est réservée à la protection des intérêts vitaux, la limite de ceux-ci est nécessairement floue. Un adversaire potentiel n'en aurait que plus de mal à apprécier sa marge de manoeuvre, ce qui renforce la dissuasion […]. L'Europe occidentale ne peut donc dans son ensemble manquer de bénéficier directement de la stratégie française qui constitue un facteur stable et déterminant de la sécurité en Europe".


La recherche d'une politique concertée

De 1972 à 1992, aucune évolution fondamentale n'allait survenir. Un tournant allait être pris en janvier 1992, lors des rencontres nationales pour l'Europe, le 11 janvier. Le président Mitterrand allait déclarer : "Est-il possible de concevoir une doctrine [nucléaire] européenne ?" Par ces mots, il montrait que, si la politique européenne de sécurité commune prenait forme, les Français sauraient se montrer disponibles sur le problème du partage de la dissuasion. Ce n'est pas un hasard si cette phrase a été prononcée après la signature du traité de Maastricht. Les progrès vers la mise en place d'une politique étrangère et de sécurité commune justifiaient cette ouverture. Il faut néanmoins relever qu'il n'y avait pas là d'engagement précis de la part du chef de l'État.
Alain Juppé, alors ministre des Affaires étrangères, de nouveau fait un pas en direction des pays européens en janvier 1995, à l'occasion d'un discours prononcé pour le vingtième anniversaire du Centre d'analyse et de prévision de son ministère. "Après l'élaboration d'une doctrine commune à la France et au Royaume-Uni, notre génération doit-elle craindre d'envisager, non une dissuasion partagée, mais au minimum une dissuasion concertée avec nos principaux partenaires ? Je pose la question. L'adoption d'une monnaie unique, un nouveau contrat franco-allemand pourraient-ils d'ailleurs rester sans effet sur la perception par la France de ses propres intérêts vitaux ?"
Mais ces propositions françaises n'allaient pas être accueillies avec enthousiasme par ses partenaires européens. Il faut dire que ce projet dit de dissuasion concertée, liait force nucléaire française et sécurité européenne. Il a été formulé avec beaucoup d'insistance au moment de la reprise des essais nucléaires. Aussi, de nombreux Européens n'y ont vu qu'une tentative maladroite de leur faire endosser la responsabilité de la reprise des essais nucléaires.
La France n'a pas suffisamment réalisé que la perception des problèmes nucléaires n'était absolument pas la même sur le continent européen. Alors que la dissuasion nucléaire est perçue en France comme le moyen par excellence de l'indépendance et de la sécurité, elle est plutôt ressentie en Europe et surtout en Allemagne comme une menace (Russie, prolifération) et une dépendance vis-à-vis des autres pays nucléaires. Tout cela est d'autant plus regrettable qu'il est certain qu'il n'y aura pas une véritable Europe de la défense dans un monde qui restera nucléarisé, sans que cette Europe de la défense ait une composante nucléaire.
Comment, dès lors, dépasser les réticences européennes dues à la fois à des raisons structurelles (les pays européens non nucléaires n'aiment pas leur inégalité de statut vis-à-vis des pays nucléaires européens) et conjoncturelles (l'erreur d'avoir voulu "faire passer" au niveau européen la décision sur la reprise des essais nucléaires par une proposition de dissuasion concertée). Il convient que la France évite d'apparaître comme étant demandeur vis-à-vis des autres pays européens comme cela s'est produit à l'été 1995. Aujourd'hui, la France se contente d'afficher sa disponibilité.
La dissuasion européenne doit être la clé de voûte de l'édifice : à la fois la pièce essentielle qui tiendra le dispositif de la défense européenne, mais également celle que l'on apportera en dernier dans la construction. De même qu'on ne fera pas la défense de l'Europe avant d'avoir une Europe politique, il n'y aura pas non plus de dissuasion européenne avant que la défense européenne ne soit elle-même mise en place. Toute tentative pour inverser les priorités est vouée à l'échec et pourrait s'avérer hautement contre-productive, et pour la construction européenne, et pour la dissuasion nucléaire.


Désarmement et dissuasion

Quatrième et dernier volet du consensus français, la conviction que le désarmement nucléaire n'est pas incompatible avec la dissuasion.
Elle constitue un changement considérable par rapport aux origines de la politique nucléaire française. Au début des années 60, le général de Gaulle va s'opposer farouchement à la politique d'Arms control mise en place par Washington et Moscou. L'Arms control est largement vu en France comme le fruit du condominium soviéto-américain. Le général de Gaulle s'oppose publiquement et énergiquement à une politique qui, sous couvert d'intérêt général (l'arrêt de la course aux armements), tend à assurer la promotion des intérêts des superpuissances (la protection de leur supériorité militaire et, avant tout, de leur monopole nucléaire). La difficulté pour la France sera toujours la même : alors qu'elle n'a ni lancé ni participé à la course aux armements, elle apparaît comme une empêcheuse de désarmer en rond.
La décennie 1978-1988 fut consacrée par l'ONU "la décennie du désarmement". Le président Giscard d'Estaing, afin de corriger son image négative, fit participer pleinement la France à cet exercice.
On pouvait penser que l'accession de François Mitterrand à la présidence de la République, en 1981, allait modifier l'attitude française. François Mitterrand avait critiqué le général de Gaulle à la fois sur son opposition à l'Arms control et sur la constitution de la force de frappe. S'il s'était rallié officiellement en 1978 à la doctrine de dissuasion, il demeurait un partisan affirmé du désarmement.
Mais François Mitterrand arrive au pouvoir sur fond de crise des euro-missiles et de dégradation des relations Est-Ouest. La France se range délibérément dans le camp des partisans de la double décision de l'Otan (qui prévoit qu'en cas de non retrait des fusées SS20 soviétiques, les Américains déploieront des missiles Pershing 2). Elle est alors de nouveau présentée comme l'ennemie du désarmement, surtout lorsque l'Union soviétique annonce qu'elle est prête à négocier sur les SS20 si les armes nucléaires françaises et britanniques sont prises dans le décompte total de l'armement occidental. Ce que, bien sûr, Paris et Londres refusent (Cf. Pascal Boniface, "Genève, la logique de l'échec", Défense nationale, avril 1984, pp. 45-62.)
Dans La lettre à tous les Français qui lui servit de plate-forme électorale pour la présidentielle de 1988, François Mitterrand écrivait : "La sécurité et le désarmement sont les deux faces d'une même pièce."
Au début des années 90, et après la disparition de la menace soviétique, la France reprit l'initiative en matière de désarmement. Le 3 juin 1991, le président Mitterrand présenta, devant les Nations unies, un "plan de maîtrise des armements et de désarmement" définissant une "action sur trois plans : catégoriel, régional et mondial" (Cf. L'Année Stratégique, 1992, p. 239). C'est à la suite de l'annonce de ce plan que la France a formellement adhéré au Traité de non-prolifération (TNP), le 3 août 1992, et a, par la suite, pris une part active aux négociations en vue de la Conférence de renouvellement de 1995.
Avant 1995, la France a fait des gestes importants en faveur du désarmement : retrait des armes aéroportées AN-52, démantèlement des missiles de courte portée PLUTON, mise sous cocon du missile HADES, réduction du niveau d'alerte des forces stratégiques. La France a globalement réduit de 15 % ses forces nucléaires. Mais ces gestes unilatéraux étaient tout autant motivés par des raisons budgétaires que stratégiques.


La fin des essais nucléaires

En avril 1992, le président Mitterrand suspendait les essais nucléaires. Ce gel sera prorogé jusqu'à la fin de son mandat. En 1995, son successeur, Jacques Chirac, mettait fin à ce moratoire pour autoriser une dernière série, limitée, de tests. Annonçant, en janvier 1996, la fin des essais, il déclarait : "Un nouveau chapitre s'ouvre. La France, comme elle s'y est engagée, va jouer un rôle actif et déterminé pour le désarmement dans le monde." Avant de partir en déplacement en Asie, le président français annonçait même que la France allait être le champion du désarmement nucléaire.
La France a été le premier État nucléaire à accepter l'option "zéro" dans le traité d'interdiction totale des essais nucléaires. Elle allait également annoncer la fermeture définitive de son site d'expérimentation de Mururoa et signer le traité de dénucléarisation du Pacifique Sud (Rarotonga) – ce qu'elle refusait farouchement de faire depuis dix ans – et celui de l'Afrique (traité de Pelindaba). Elle participe activement aux négociations sur le "cut off" (la réduction).
En tant que tel, le désarmement nucléaire n'est pas incompatible avec la dissuasion. Il ne faut pas, en effet, confondre le désarmement, c'est-à-dire la réduction du nombre d'armes nucléaires qui permet de revenir à des configurations plus raisonnables – et la dénucléarisation, qui serait l'élimination totale des armes nucléaires. Cette dernière, au-delà des apparences et des bonnes intentions affichées, pourrait être dangereuse car elle rendrait de nouveau possible la guerre là où elle est aujourd'hui impensable. La course aux armements et la dénucléarisation sont en fait les deux faces d'une même pièce : celle de la guerre pensable, de la non-dissuasion.
Est-il encore utile pour la France d'avoir des armes nucléaires ? Pendant la guerre froide, la dissuasion nucléaire a été inextricablement liée à la menace soviétique. Cette menace n'était pas ressentie comme une simple menace militaire. Une éventuelle défaite dans une guerre n'eût pas représenté qu'une péripétie dramatique mais eût entraîné un changement radical de la société et du mode de vie. Depuis la disparition du rideau de fer et quels que soient les risques et les menaces émergents, aucun n'est comparable en termes d'enjeux ou de puissance. L'arme nucléaire, apparue avec la guerre froide, doit-elle lui survivre ? La guerre du Golfe, celle d'ex-Yougoslavie ne montrent-elles pas son inadéquation aux nouveaux conflits ?
Le nucléaire ne joue certes plus le rôle central qui a été le sien lorsque dominait le clivage Est-Ouest. Ce serait néanmoins commettre un lourd contresens de penser qu'il est devenu inutile. La dissuasion nucléaire n'a jamais été et ne peut pas être conçue comme une réponse éventuelle à tout défi militaire. Elle n'a qu'une fonction, mais essentielle : protéger le territoire de la France et ses intérêts vitaux. Or, ni le territoire français, ni ses intérêts vitaux n'étaient en cause dans le Golfe ou en ex-Yougoslavie.


Une arme politique

Quelle que soit la configuration internationale, la dissuasion nucléaire ne peut, de façon crédible, être utilisée pour ce que les experts militaires appellent les "opérations extérieures". Mais elle joue un rôle essentiel pour ce qui concerne la défense, au sens strict, d'un pays. Tant qu'il y aura besoin d'une défense du territoire français et de ses intérêts vitaux, la dissuasion nucléaire en sera la protection absolue. C'est l'ultima ratio de la défense de la France. Les armes nucléaires, de plus en plus impopulaires dans le monde, sont toujours nécessaires pour la sécurité de la France et de l'Europe. Elles sont impopulaires parce qu'on parle très peu de dissuasion et trop souvent de leur emploi. La stratégie de dissuasion n'est toujours pas réellement comprise.
Pour la France, il est cependant une façon de limiter les effets de la perte de légitimité des armes nucléaires tout en conservant une posture nucléaire : c'est justement de mettre l'accent sur la dissuasion au détriment de l'emploi. Si l'on veut que la dissuasion reste légitime, il faut que l'arme nucléaire demeure une arme politique et que l'on privilégie sa crédibilité politique par rapport à sa crédibilité.

 

 

 

Paru sur le site du Premier Ministre
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