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Les industries agroalimentaires françaises
Avec 21,1 % du chiffre d'affaires des industries agroalimentaires (IAA) de l'Union européenne, l'industrie française se situe au premier rang européen juste devant l'Allemagne (18,6 %) et largement devant le Royaume-Uni et l'Italie.
Repères et chiffres clés Troisième employeur de l'industrie C'est le troisième employeur de l'industrie avec 405 000 salariés, en augmentation de 0,5 % par rapport à l'année précédente. Avec environ 4 250 entreprises, parmi lesquelles de nombreuses PME - 93 % ont moins de 200 salariés - l'industrie alimentaire est répartie sur l'ensemble du territoire : ces PME représentent 43 % du chiffre d'affaires total de l'industrie alimentaire et réalisent 37 % des exportations du secteur ; les 85 plus grandes réalisent 41 % des exportations. Autre caractéristique, 28 % des sites industriels sont en zone rurale, à comparer à 15 % pour les autres secteurs industriels. Premier client de l'agriculture L'industrie alimentaire est un partenaire privilégié pour un grand nombre de clients ou fournisseurs. Elle transforme plus de 70 % de la production agricole française et son rôle en termes de valorisation des produits ne cesse d'augmenter. Depuis 1993, la valeur ajoutée de l'industrie alimentaire dépasse celle de l'agriculture : les IAA génèrent 15 % de la valeur ajoutée de toute l'industrie française (avec 230 milliards de F en 1997), apparaissant ainsi comme la première valeur ajoutée industrielle. Premier client de l'agriculture, c'est également le premier acheteur de transports routiers, d'emballages, d'espaces publicitaires. C'est aussi le premier fournisseur du commerce de détail et de la restauration. Sa contribution à la balance du commerce extérieur de la France est également essentielle. Avec 166,9 milliards de F d'exportation, l'industrie alimentaire a dégagé en 1999 un solde positif de 50,6 milliards de F : ce solde représente près de 82 % de l'excédent agroalimentaire global et se répartit de la manière suivante : - Union européenne: 28,3 milliards de F (56,0 %) ; - pays tiers : 22,3 milliards de F (44 %). Une activité tirée par l'exportation Bien que près de 80 % de son chiffre d'affaires soient le fait du marché intérieur, la progression de l'industrie alimentaire a été portée ces dernières années par l'exportation qui représente 20,4 % du chiffre d'affaires en 1999. Depuis 1988, la France est devenue le premier exportateur mondial de produits alimentaires transformés. La consommation alimentaire La part de l'alimentation dans la consommation finale des ménages diminue régulièrement depuis 15 ans. D'après les comptes de la Nation, elle est passée en valeur de 20,4 % en 1980 à 16,6 % en 1997. En revanche, la structure de la consommation alimentaire s'est peu modifiée ; la part des viandes a cependant diminué de trois points au bénéfice, notamment, des produits laitiers et des poissons. Depuis 1980, la consommation finale des ménages, tous produits confondus, s'est accrue en volume de 2,3 % par an en moyenne, alors que la consommation alimentaire n'a augmenté que de 1,3 %. La consommation s'est accrue fortement pour les boissons non alcoolisées. Elle a diminué pour les pommes de terre et le sucre et est restée stable en café et en thé. En 1998, la consommation alimentaire des ménages a augmenté de 1,5 %.
Une exigence des consommateurs La qualité des produits alimentaires est une notion complexe et évolutive. Elle recouvre de nombreux domaines, tels que la "sûreté sanitaire ", le goût, la gastronomie, mais aussi la loyauté des transactions sur les marchés, ainsi que la confiance entre fournisseurs et clients. Ces divers aspects se modifient en fonction de la dynamique économique et sociale. Dans un contexte économique de saturation des marchés dans les pays développés, la qualité devient un élément essentiel de la stratégie des entreprises et un élément déterminant du choix des consommateurs. C est ainsi que la France a anticipé le développement de signes distinctifs destinés à caractériser les produits de qualité. Ainsi, par exemple, le vrai produit du terroir, celui qu'encadre l'appellation d'origine contrôlée (AOC), une démarche française très ancienne, est empreint de culture, d'histoire, de façon de produire, de respect des traditions, tous éléments issus des terroirs. Il est l'expression de leur diversité et fait partie du patrimoine culturel national. De fortes différences existent dans les habitudes et les comportements des consommateurs, comme dans l'art de cuisiner. Cette diversité culturelle fait partie du patrimoine des peuples et il convient de préserver les savoir-faire et les expressions spécifiques des terroirs, capables de soutenir des activités économiques originales, voire irremplaçables. C'est pourquoi l'Europe a mis en place, en 1992, un cadre de protection pour ces produits spécifiques. En France, depuis de nombreuses années, la politique de qualité a permis de jeter les bases d'une véritable éthique de production du secteur agroalimentaire et de mettre à sa disposition des instruments juridiques permettant d'identifier l'origine des produits, de valoriser des modes de production spécifiques et de protéger les appellations. En outre, des lois particulières en matière d'environnement et de santé publique ont été prises pour intégrer à la notion de qualité toute démarche favorable à une gestion durable des ressources. Un dispositif juridique adapté Le dispositif juridique français initié en 1919 avec les appellations d'origine contrôlée (AOC), puis dans les années 1960 avec les labels agricoles, inclut également, depuis les années 1980, la certification de conformité et l'agriculture biologique (AB). Ces outils, officiellement reconnus, supposent le respect de cahiers des charges et la vérification de leur mise en oeuvre par des organismes certificateurs agréés par les pouvoirs publics après avis favorable de la commission des labels et de certification des produits agricoles et alimentaires (CNLC). Les quatre signes (AOC, label, certification de conformité, agriculture biologique) trouvent leur prolongement direct dans la réglementation européenne qui permet d'associer la protection juridique des dénominations de produits liés à une origine géographique ou issue d'un mode de production traditionnel ou du mode de production biologique. L'appellation d'origine protégée (AOP) est la protection communautaire de l'AOC, l'indication géographique protégée (IGP), concerne des produits également liés à un terroir mais moins fortement que l'AOP, l'attestation de spécificité concerne des produits sans ancrage géographique, mais dont l'élaboration présente un caractère traditionnel ou particulier. À travers la loi du 3 janvier 1994 relative à la reconnaissance de qualité des produits agricoles et alimentaires et ses décrets d'application, les pouvoirs publics ont souhaité assurer une cohérence totale entre les signes de qualité français et les protections juridiques définies par la réglementation communautaire afin de limiter les contraintes et les procédures pour les producteurs et de ne pas multiplier les identifications de la qualité par le consommateur. Ainsi, toute demande de protection par une AOP doit s'accompagner d'une demande d'AOC au plan national. Toute demande de protection par une IGP ou une attestation de spécificité ne peut se faire que dans le cadre d'un label ou d'une certification de conformité. C'est l'Institut national des appellations d'origine (INAO) et la Commission des labels qui sont compétents sur les procédures européennes et émettent des avis sur la transmission par le Gouvernement français à la Commission européenne des demandes d'AOP, IGP ou d'attestation de spécificité. En conclusion, on constate une avancée au cours de ces dernières années vers une meilleure connaissance des concepts d'indication géographique et d'appellation d'origine. De nombreux pays ont adhéré à l'idée que les produits bénéficiant d'une indication géographique sont synonymes d'une qualité originale liée au terroir et qu'ils constituent un bien public, un patrimoine qu'il convient de préserver et de protéger. Ceci passe également par le respect et la protection réciproque des indications géographiques des uns et des autres. La notion d'indication géographique, au sens de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), comprend les deux concepts, l'appellation d'origine et l'indication géographique stricto sensu, selon la force du lien qui unit le produit et son terroir d'origine. Cette indication géographique est un droit de la propriété intellectuelle comme, par exemple, le brevet ou la marque.
La qualité des produits alimentaires est contrôlée à tous les niveaux de la chaîne alimentaire. Les vérifications réglementaires En France, la production et la distribution des denrées sont réglementées par des textes définissant les conditions minimales de conception, d'aménagement et d'équipement des locaux, ainsi que les règles d'hygiène du personnel et du matériel. Le respect des conditions est attesté par la délivrance d'un agrément sanitaire officiel. Des agents de l'État vérifient régulièrement l'observation de ces règles par les professionnels. Ainsi, le contrôle hygiénique et sanitaire est effectué de la production à la vente du produit au consommateur. 5 200 agents sont chargés par les pouvoirs publics de contrôler la qualité et la sécurité. À la suite des travaux d'harmonisation des systèmes d'inspection et de certification pour favoriser la mondialisation des échanges alimentaires, la réglementation européenne a été adaptée et propose aux professionnels de l'agroalimentaire des outils destinés à leur permettre d'assumer la responsabilité qui leur incombe en matière d'hygiène et de qualité des produits qu'ils fabriquent ou manipulent. Il s'agit d'une part, de l'application des principes du système d'analyse des risques et des points critiques pour leur maîtrise (HACCP) et, d'autre part, du recours par les industriels à l'assurance qualité, notamment sous forme de certification d'entreprise. Ainsi, la recherche de la qualité sous ses différents aspects et en fonction de l'ensemble des dispositions rappelées ci-dessus est, autant pour la valorisation des produits que pour la satisfaction des exigences du consommateur français et étranger, une priorité fondamentale à laquelle les pouvoirs publics attachent la plus grande importance. Une agence nationale d'évaluation Créée par la loi du 1er juillet 1998 relative au renforcement de la veille sanitaire et du contrôle de la sécurité sanitaire des produits destinés à l'homme, l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) est devenue opérationnelle depuis les décrets du 26 mars 1999 et du 1er avril 1999 précisant son organisation, son fonctionnement et sa direction. L'AFSSA évalue " les risques sanitaires et nutritionnels que peuvent présenter les aliments destinés à l'homme ou aux animaux" y compris ceux "pouvant provenir des eaux destinées à la consommation humaine, des procédés et conditions de production, transformation, conservation, transport, stockage et distribution des denrées alimentaires", ainsi que "des maladies ou infections animales, des produits phytosanitaires, des médicaments vétérinaires, notamment les préparations extemporanées et les aliments médicamenteux, des produits antiparasitaires à usage agricole et assimilés, des matières fertilisantes et supports de culture", ou encore "des conditionnements et matériaux destinés à se trouver en contact avec les produits susmentionnés". Pour remplir ses missions, cet établissement public national placé sous la tutelle des ministres chargés de la Santé, de l'Agriculture et de la Consommation peut se saisir de toute question et proposer aux autorités compétentes toute mesure de nature à préserver la santé publique. Il fournit en particulier au Gouvernement l'expertise et l'appui scientifique qui lui sont nécessaires et instruit les dossiers qu'il lui confie. Consulté sur les programmes de contrôle et de surveillance sanitaire, il peut pro-poser des priorités et des recommandations. Les laboratoires des services de l'État chargés du contrôle de la sécurité sanitaire des aliments et ceux qui lui sont rattachés sont à disposition.
Face à l'internationalisation des marchés et à la concurrence, l'investissement est la clef du développement. Moderniser les installations, améliorer la qualité des produits, promouvoir les produits et les marques sont les priorités. Les investissements matériels (modernisation, acquisition des nouveaux équipements) se sont élevés à 24,3 milliards de F en 1999. Les investissements financiers sont de l'ordre de 10 milliards de F par an, en tenant compte des restructurations et des implantations à l'étranger. Promotion et recherche développement Mais une des caractéristiques majeures du secteur alimentaire est le taux élevé d'investissements immatériels (promotion, publicité, recherche-développement, formation) qui, globalement, représentent environ 14 milliards de F : les seuls investissements publicitaires sont évalués à 10,6 milliards de F en 1999. L'effort de recherche des entreprises, estimé à environ 2,4 milliards de F en 1998, quoiqu'en augmentation, reste encore insuffisant : il est en effet la condition de l'innovation véritable qui renforce les marques des fabricants par rapport aux marques de distribution et apporte des marges aux entreprises. Les budgets publics se maintiennent autour du milliard de F depuis plusieurs années. L'innovation est toujours un élément important de la compétitivité des entreprises dans le secteur alimentaire. On note d'ailleurs, à cet égard, un fort dynamisme des PME qui sont à l'origine de la moitié des innovations proposées sur le marché. L'industrie alimentaire assure également sa présence à l'étranger par des investissements en croissance permanente depuis 10 ans. De 1986 à 1989, l'investissement français à l'étranger est passé de quelques centaines de millions de F à près de 25 milliards de F, en partenariat avec des opérateurs locaux. Depuis, le flux d'investissement a connu une légère décroissance, mais les montants restent importants : entre 2 et 3 milliards de F par an. L'investissement technique des IAA La part des investissements en matériel dans les investissements totaux des industries alimentaires s'élève durant cette période entre 56 % et 59 %. Ils sont donc largement majoritaires dans les investissements des IAA devant les bâtiments, le matériel de transport, etc. Le marché reste relativement stable depuis longtemps dans l'ensemble des IAA. En effet, le total des installations techniques et autres immobilisations, seule catégorie pour laquelle nous disposons de chiffres depuis 1989, a varié de 14 à 16 milliards de F par an sur cette période. Le matériel de process et le matériel général représentent environ 7 milliards de F, le matériel d'emballage quelque 3,5 milliards de F, le solde étant essentiellement constitué du matériel de manutention. Trois secteurs regroupent plus de 50 % des investissements techniques : industrie laitière, industrie des boissons, industrie des viandes. Une technologie reconnue Les équipements français sont particulièrement réputés dans certains domaines technologiques : la séparation par membrane, le mélange des produits liquides et pâteux, l'évaporation, l'extrusion soufflage et, dans le domaine de l'emballage, l'embouteillage et l'encaissage. Ils ont aussi acquis une excellente notoriété dans certains secteurs tels que les produits laitiers, la boulangerie-pâtisserie, le vin, le stockage des grains, le conditionnement des fruits et légumes. Parmi les points forts les plus souvent cités, soulignons : le
perfectionnement continu apporté au matériel ;
Les équipements français bénéficient de la bonne image des produits alimentaires français à l'étranger. Cela entre pour une part non négligeable dans leurs performances à l'export ; de plus, l'internationalisation des entreprises s'accompagne d'une grande acceptabilité des matériels des différents pays. En termes de type de matériel, les opportunités qui apparaissent maintenant concernent essentiellement des machines permettant ou facilitant la traçabilité, des machines plus petites à implanter sur les zones de production pour bénéficier des appellations d'origine contrôlée (lorsque le cahier des charges impose que l'ensemble des opérations soit réalisé dans la même région) et, dans le domaine de l'emballage, des machines susceptibles de produire ou de remplir des emballages plus simples et moins polluants. Le 6e rang mondial pour les équipements Les équipements français sont souvent les véritables moteurs de l'innovation technologique dans l'industrie alimentaire et, en ce sens, ils constituent un facteur important du développement de la place de l'industrie agroalimentaire française au plan international. Le savoir-faire de nos entreprises, la qualité reconnue internationalement des technologies et des produits de celles-ci, peut permettre aux entreprises françaises de s'intégrer dans les projets de développement étrangers à l'instar des actions menées par d'autres grands pays industriels tels que les États-Unis, l'Allemagne, le Japon, les Pays-Bas, l'Italie et autres. Dans les échanges internationaux d'équipements agro-industriels, la France occupe le 6e rang mondial. Un service adapté aux nouveaux besoins Les industries nationales ou étrangères sont aussi demandeuses d'un service total : le fournisseur d'équipement doit assurer que son matériel respecte en continu et sur une longue période le cahier des charges. Cela va de pair avec une demande accrue de valeur ajoutée. Enfin, si l'uniformisation mondiale des usines et des procédés n'est actuellement pas remise en cause pour des produits de base tels que le lait stérilisé, le sucre, l'huile, etc, il n'en va pas de même pour les produits représentant de plus petits volumes. Certains grands industriels de l'agro-alimentaire souhaitent à présent adapter ces produits aux populations, donc aux cultures auxquelles ils sont destinés. Cela peut se traduire par des modifications en bout de chaîne de fabrication, voire de simples modifications d'emballage. Mais cela peut nécessiter aussi des modifications du coeur du process ou de ses satellites, ce qui entre alors parfaitement dans le cadre des compétences des équipementiers français.
Ministère
de l'Agriculture et de la Pêche :
Paru
sur le site du Premier Ministre
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